– JURASSIC WORLD –

Après quinze ans de gestation interminable dans les entrailles d’Hollywood, le tant attendu quatrième volet de la saga de Jurassic Park voit enfin le jour sous le titre Jurassic World. Ce qui n’était alors qu’un rêve de milliardaire dans le premier volet devient grâce à cet épisode une réalité. Sous la caméra de Colin Trevorrow, un inconnu du grand public, les dinosaures retrouvent le chemin du parc pour épater ses spectateurs venus des quatre coins du monde.

Devenu une véritable industrie, Jurassic World est un parc d’attraction en plein essor dont la fréquentation ne cesse d’augmenter. Le souci est que chaque hausse est due à une nouvelle attraction plus spectaculaire et plus impressionnante. Ca ne vous rappelle rien ? On croirait avoir à faire à une véritable métaphore du système hollywoodien d’aujourd’hui, mais nous y reviendrons. Afin de booster l’effet waouh, comme le dis Bryce Dallas Howard, les scientifiques du parc mettent au point une espèce hybride, l’Indominus-Rex. Le bémol est qu’ils ignorent ce qu’ils viennent de créer. Cette femelle à l’intelligence supérieure va semer la terreur dans le parc où se trouvent des milliers de touristes.

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J’ai juste envie de dire pour commencer que cet épisode est ce que nous n’attendions pas mais ce que nous avions besoin. Même s’il contient quelques lacunes, il faut reconnaître qu’il valait la peine d’attendre parce qu’en toute franchise, c’est un très bon film. D’abord par sa tête d’affiche, je parle bien sur de Chris Pratt, le nouveau sex-symbol d’Hollywood qui prend en main ce blockbuster sans le lâcher. Ce mâle alpha débordant de testostérone dresse ses raptors comme nous autre dressons nos chiens. Le duo qu’il forme avec Bryce Dallas Howard est pertinent, basique mais efficace et c’est elle qui hérite du meilleur traitement de personnage. Elle incarne la patronne du site, Claire, obsédée par son travail et ses recherches en négligeant ce qui compte le plus : la famille. Il s’agit donc d’un duo qui se complète par ses différences afin d’affronter cet Indominus-Rex et sauver les visiteurs. Les dynamiques entre les personnages sont fluides, les rapports sont établis dès le départ et le film va en jouer. La fraternité des deux garçons, les positions hiérarchiques, les anciens amants, les amis, des éléments simples structurant le récit. Au bout du compte, la question est plutôt de savoir ce qui amène ces personnages à interagir avec les dinosaures et le parc. C’est un point intéressant qui est développé tout au long du film et il permet de créer des menaces supplémentaires.

Le travail de Trevorrow sur ce film est un travail de fan. On trouve des hommages au film de Steven Spielberg dispersés tout du long. Du thème musical composé par John Williams, à des plans où les personnages se cachent en entendant les pas sourds de l’Indominus-Rex en passant par les lieux vus au cours de Jurassic Park premier du nom, le jeune cinéaste parvient à nous faire vivre deux heures de spectacle digne de ce nom. A mes yeux, Jurassic World est à considérer comme le véritable et unique Jurassic Park 2 tant son atmosphère et son visuel nous ramène vingt ans en arrière. Certes le numérique créer d’avantage d’effets spéciaux mais l’âme de la saga y est intacte. Chaque scène d’action est intense et produit l’effet attendu par son créateur. L’attaque du parc est d’ailleurs ce qui permet au film d’entrer dans sa partie la plus intense. Même si à mon gout, une plus longue scène aurait été nécessaire, elle est compensée par les scènes qui suivent. Une tension qui culmine lors de la scène finale, simplement mémorable.

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Pour terminer par ce que je disais en introduction, tout au long du visionnage, il est clair que le film met avant la tendance de ces dernières années d’Hollywood a vouloir profiter d’un succès auprès du public, de faire plus d’argent en apportant plus de sensationnel à son parc. Les dinosaures basiques n’attirent et d’impressionnent plus autant qu’il y a vingt ans avec le premier Jurassic Park. Aujourd’hui, le public à besoin de plus, veut en voir plus, du plus gros, du plus violent, du plus et toujours du plus. C’est dans ces conditions que l’Indominus-Rex est créé : donner au public ce qu’il veut. A quoi servent les suites, les remakes et les reboot à votre avis ? Elles partent du même principe, et Jurassic World, grâce à cette scène finale, offre un contrecoup important à ce système en annonçant la simple idée que rien ne détrônera l’original.

Nous savons d’or et déjà que Jurassic World est le premier épisode d’un arc narratif pouvant s’étendre sur plusieurs films, et compte tenu du succès au box office, plus d’1,2 milliard de dollars à ce jour, l’Indominus-Rex n’est pas prête d’arrêter de tout dévorer sur son passage.

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