– THANKS FOR SHARING –

Alors que Don Jon s’appuie sur une analyse comique et débridé sur l’addiction au porno, Thanks for Sharing va ouvrir notre regard sur la maladie en elle-même. A travers divers personnages, le réalisateur tente de lever le voile sur une addiction qui détruit l’existence.

21022800_20130725174342289

En suivant le quotidien de ces personnes, Thanks for Sharing permet de livrer une histoire sincère sans langue de bois. Émouvante mais pas larmoyante, l’intrigue sait s’équilibrer entre le bonheur et le drame. Tout en finesse, c’est avec un certain naturel que les histoires de ces hommes et de ces femmes prennent vies. On aurait pu imaginer un scénario pleurnichard et bourré de bons sentiments, or c’est tout le contraire qui se produit. Le film dévoile avec délicatesse chaque élément de son sujet, comme un puzzle. Le travail du spectateur est donc d’essayer de comprendre, de se mettre dans la peau d’un de ces personnages. Nous sommes au centre d’un travail d’identification où le public, pris non pas de pitié mais de compassion pour ces personnes, se doit d’adopter un regard qui ne juge pas, qui ne blâme pas. Cette addiction est souvent prise à la légère par nous autre mais il cache de réels problèmes plus profonds qu’il n’y parait.

21022801_20130725174342508

D’ailleurs, le casting joue plus qu’un rôle, plus qu’entrer dans la peau de ces personnes en hypersexualité. Ils doivent prendre possession des histoires. Une sexualité compulsive, maladive, qui méritait une approche sensible de la part des interprètes et non surjouée. Sur ce point là c’est un sans faute puisque l’intégralité du casting donne d’eux-mêmes pour donner à ces personnages la profondeur qu’ils méritent. Le couple vedette, Gwyneth Paltrow et Mark Ruffalo représente les deux opposés: d’un coté la femme qui aime beaucoup le sexe et de l’autre celui qui en est malade et qui cherche a se contrôler. Plusieurs scènes viennent souligner cette forme de dualité entre deux libidos élevées mais qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Egalement présente pour la première fois à l’écran, l’artiste Pink, de son vrai nom Alecia Moore, carrément bluffante et très convaincante dans ce rôle de « nymphomane ». Celle qui fait bouger le monde entier dévoile une part d’elle même, fragile et blessée. Un potentiel qu’on n’aurait jamais pu voir si le rôle de Dede ne lui avait été offert. Le casting se coordonne et co-existe parmi ces différentes histoires et permet donc au film d’être plus vivant, plus saisissant.

Thanks for Sharing aborde les thèmes que Shame ou Nymphomaniac ont pu mettre en avant. Ceux d’une sexualité à fleur de peau et maladif en mettant en scène ici des personnages livrant leurs secrets, leurs émotions les plus profondes pour tenter de s’en sortir. Il n’est pas question ici de dresser un bilan de cette addiction mais bien d’en faire le portrait.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s