– CRIMSON PEAK –

L’imaginaire du cinéaste Guillermo Del Toro est sans limites. Sa nouvelle création, Crimson Peak en est la preuve. Un retour dans le fantastique qui a fait sa renommée (on se souviens encore du magnifique Labyrinthe de Pan) efficace et tout aussi majestueux, le tout porté par un trio d’acteurs incroyable : Tom Hiddleston, Mia Wasikowska et Jessica Chastain. Nous suivons ainsi la jeune Edith Cushing, une romancière en devenir au début du XXe siècle et sa rencontre avec un bel et ténébreux anglais … et sa sœur.

162021.jpg

Ce qui est fascinant dans les productions de Del Toro, c’est l’alliance des genres et des  styles. La ligne qui sépare la réalité du monde fantastique est inexistante dans ces productions. A nouveau pour Crimson Peak, les créatures et les fantômes n’ont pas de buts néfastes mais ils servent bien l’intrigue. Ils apportent un poids conséquent à l’histoire, ce qui lui permet de s’enrichir et de proposer un développement très intéressant. Dans ce genre de cas, la monstruosité est là où on ne l’attends pas. Les éléments sont soignés et il faut qu’en tant que spectateur nous fassions attention au moindre détail. Je reconnais cependant que ce n’est pas forcément une chose facile tant ce nouveau film est visuellement sublime.

Qu’il soit réalisateur ou producteur, la patte Del Toro est reconnaissable entre mille. La création des monstres et autres créatures fantastiques est soignée, sanglante et totalement féerique, un vrai monde merveilleux Je vous parlais du Labyrinthe de Pan mais Mama et Don’t be afraid of the Dark sont des exemples parfaits. Ici, on constate le travail sur les décors et la couleur. Un dominance du rouge et des couleurs obscures contrasté par des passages dans la froideur de la neige, le tout dans une ambiance gothique. Quand on voit le domaine Crimson Peak, on sent cette hostilité, la cruauté et l’abomination qu’il contient. Grâce à ces éléments, le film peut prétendre à être beaucoup plus qu’il n’y parait. Il a bien raison puisque durant toute l’intrigue, le spectateur se laisse envoûter, charmer, terroriser par ce qu’il voit. Cette histoire d’amour tragique sous forme de film d’horreur est d’une telle beauté qu’on ne peut y résister. On devrait détester les personnages pour les actes qu’ils commettent, mais ce n’est pas du dégoût que nous ressentons, mais de la fascination. Jessica Chastain reste de marbre et nous laisse bouche bée et nous sommes envoûtes. Le secret qu’ils cachent est lourd mais cela ne compte pas assez.

539663.jpg

De toute manière, on sent dès les premiers instants du film cette tension qui va le rythmer, ce mystère épais autour de Crimson Peak. Cette tension est maintenue avec élégance jusque dans le dénouement final qui en surprendra plus d’un. C’est ça qui est formidable avec Del Toro: son imaginaire est sans limites et nous en sommes les témoins. C’est très bien écrit, visuellement comme je vous disais il n’y vraiment rien à redire, les acteurs sont bons et livrent des performances poignantes (la folie de Chastain étant l’un des atouts du film). Au final, lorsque nous voyons Crimson Peak, nous sommes face à une vraie création, au même titre que tous les auteurs et cinéastes qui ne rentrent pas dans des cases. Del Toro sait se libérer des chaînes qui ont tendance à entraver les réalisateurs à Hollywood pour laisser son imagination s’exprimer.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s