– LES HUIT SALOPARDS –

Script fuité, projet annulé, projet relancé, film tourné en Ultra Panavision 70 et enfin le voilà, le 8ème film de Quentin Tarantino. Joyeusement intitulé Les Huit Salopards (choisit par QT lui même), ce second western après Django Unchained, nous propose un « huit clos » en plein blizzard où huit étrangers vont se retrouver liés par une série d’événements sanglants.

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Grâce à une ouverture percutante, tant par les images que par la musique stridente digne d’un thriller d’horreur mais efficace d’Ennico Morricone, le film sait où il va et nous le fait savoir. Par ces sublimes décors enneigés, la clarté et la pureté de l’image rendu possible par le format choisi, Les Huit Salopards est l’expression du vrai cinéma vu par Tarantino. Et qui sommes-nous pour nous plaindre ? Ce qu’il nous offre à chaque nouveau film est parfait. A la fois lourde, épurée et pleine de sens, la mise en scène est l’une des plus riches que nous pouvons voir dans un film. Tout est minutieusement calculé, de la longueur des plans aux éléments du décors en passant par l’écriture, une nouvelle fois précise et incisive (surement le scénario le plus impliqué de sa carrière), Tarantino épate dans tous les domaines. Chaque nouveau film me fait l’aimer et l’admirer encore plus.
Le huit-clos est très délicat à traiter, souvent oppressant. Pas chez QT. Il utilise cette réduction de l’espace scénique pour la rendre d’avantage malléable et très fluide. La direction du casting y est impeccable. Chacun se déplace à sa façon, occupe une certaine position. Lorsque je parlais d’écriture, elle est pensée dans les moindre détails. Le langage est vraiment vivant, autant par la parole que par le corps. Chaque acteur capture l’essence de son personnage pour en faire jaillir toutes les étincelles. Ils sont huit individus, huit personnalités sanguinaires. Samuel L. Jackson, Jennifer Jason Leigh et Kurt Russell mènent cette danse de salopards où méfiance et paranoïa rythment presque trois heures de long métrage. Vous allez me dire, 3 heures ?! Et bien oui. Non seulement elles passent sans qu’on s’en rende compte, mais elles bénéficient d’une montée en pression qui culminera dans un troisième acte explosif. Et lorsque le tout est servi par un casting d’acteur aussi prestigieux et talentueux (Michael Madsen, Tim Roth entre autres).
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Stylisé dans chaque plans, cette histoire en cinq chapitres regorge de surprises. On ne peut jamais être sur des évènements à venir et cela nous fait vivre une expérience cinématographique unique en son genre. Personnelle et puissante, cette oeuvre de Tarantino s’élève au rang des plus grands films de ces dernières années. Enragé, sans pitié et cruel, Les Huit Salopards voit simple et précis mais le final est tellement plus grand. De quoi démarrer 2016 avec du grand cinéma.

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