– AMERICAN HORROR STORY: HOTEL –

Depuis maintenant cinq ans, Ryan Murphy nous envoûte avec un nouveau chapitre de sa série anthologique American Horror Story. Après la maison hantée, l’hôpital psychiatrique, le couvent de sorcière et le freak show, c’est dans un hôtel de Los Angeles que nous posons nos valises. Teasée à coups de posters et de teasers et baptisée sobrement Hotel, cette cinquième saison repousse les limites et s’aventure encore plus dans l’excès et la démesure. Entre drogue, sexe et scènes gores, la série n’a peur de rien. Au terme de ces douze épisodes et malgré le divertissement évident, un sentiment d’inachevé se fait ressentir. Explications.
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Nous voici à présent dans les couloirs de l’Hôtel Cortez, un lieu malsain et glauque où de nombreux esprits tueurs règnent en maîtres. Un terrain de jeu idéal quand l’on connait l’univers du show et lorsque l’ont sait le potentiel d’un tel lieu. A défaut de proposer une saison très riche et percutante, les créateurs donnent dans la surenchère visuelle. La beauté plastique est vraiment soignée, jusque dans les costumes et l’esprit de l’hôtel. On ne peut pas en dire autant des intrigues. Dès le premier épisode, on constate qu’il y a un vrai travail esthétique pour donner du corps à la saison. Ce thème art-deco est très prononcé dans les moindres recoins du bâtiment et le look très années 20 des personnages s’en ressent. Même le glamour de Lady Gaga, star de la saison, fidèle à l’image qu’elle a pu donner par le passé en est la preuve. Un temps chic, un temps affreux, Hotel est le chapitre le visuel de l’univers American Horror Story (juste devant la pureté du Coven).
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C’est beau, élégant, certaines mises en scènes sont parfaites mais cela ne comble pas le vide laissé par des intrigues trop fades et très peu exploitées. Nous sommes face à des petites histoires qui cohabitent entre elles sans jamais donner vie à un fil rouge principal comme cela aurait pu être le cas lors des saisons précédentes. Pour vous donner une image, Hotel ressemble à un couloir avec différentes chambres. La caméra s’approche d’une porte, l’ouvre et nous montre ce qu’il s’y passe et les histoires qui y habite. Puis elle repart et ouvre une nouvelle parte avec potentiellement quelques connections entre certaines chambres. Les backstories sont très souvent poignantes et horribles et au lieu d’en tirer une force pour composer l’intrigue principal, la pression retombe et s’en va. C’est à ce moment que l’excitation laisse place à de la déception. Il y avait vraiment beaucoup d’information avec Hotel. Entre des tueurs immortels buveurs de sang, des créatures surnaturelles, des fantômes animés par le meurtre et des pauvres victimes prises au piège, le spectateur ne sait où donner de la tête puisqu’il n’y aucune vraie cohésion dans tout ça.
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Par contre, là où la série parvient à nous surprendre est dans l’interprétation du casting. Même si Wes Bentley endossait la peau du personnage le plus ennuyeux et inintéressant de la série, certains vétérans comme Sarah Paulson, Evan Peters, Kathy Bates, Angela Bassett et Mare Winningham brillent de mille feux. Et un en particulier, Denis O’Hare (que je ne pouvais supporter par le passé) m’a pris aux tripes avec la déchirante histoire de son personnage Liz Taylor (qui est le grand gagnant de la saison). Beaucoup d’expositions pour peu d’exploitations. Plusieurs destins brisés dont la seule motivation depuis l’au-delà est la vengeance et le crime … pour notre plus grand plaisir. Car malgré tout, la série n’a pas perdu en imagination. Chaque meurtre (même gratuit) est sobrement amené et diaboliquement terrifiant car ils sont sans pitié. Au sein de ce décor haut en couleurs, les personnages aussi tordus soient-ils séduisent par leur singularité et en deviennent, épisode après épisode de plus en plus charismatiques.
Avec ses hauts et ses bas, Hotel termine sa course avec un avis mitigé. Certes les bases étaient superbes, tant sur les décors qu’avec les personnages mais à aucun moment elle a pris le risque de s’élever et surprendre par une intrigue descente. En étant la saison la plus sexualisée et la plus provocante, Hotel aura certainement marqué les esprits … pour le meilleur comme pour le pire. Dorénavant clos, il est temps de se diriger vers le sixième volume, toujours sans titre officiel.
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2 réflexions au sujet de « – AMERICAN HORROR STORY: HOTEL – »

  1. « Inachevée », oui, c’est le terme pour décrire cette saison. J’irais même jusqu’à dire « bâclée », comme si la présence divine de Lady Gaga allait remplacer l’absence de scénario potable (ça me rappelle une saison 4 basée sur le même postulat avec Jessica Lange)(sauf que j’adore Jessica alors que j’ai bien du mal à encadrer Gaga et sa neurasthénie horripilante).
    Le personnage de Liz est également mon coup de cœur de la saison… Je crois que c’est l’un des seuls sur lequel il y a un consensus quasi-total. Je le trouve incroyablement touchant et quand on le met à côté de persos aussi transparents que Ramona et Donovan, tout de suite, ça fait tâche un peu 🙂

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    1. Liz et Iris c’était mon duo favori. Le coté avec le tueur n’était pas convainquant du tout, encore moins l’acteur que je trouvais insupportable. C’est plus des personnages en carton, disposés ici et là pour meubler ^^

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