– ELLE –

Présenté lors du dernier festival de Cannes, le nouveau film de Paul Verhoeven, celui à qui nous devons le sulfureux Basic Instinct ou Total Recall nous revient avec un thriller psychologique ambigu où Isabelle Huppert, victime d’une agression et d’un viol tombe dans le déni et l’obsession.

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S’il y a quelque chose que j’adore particulièrement avec le cinéma, c’est quand il sombre dans une ambiance tellement étrange qu’on ne sait pas vraiment quoi penser. Doit-on être dégoutté, intrigués, il n’y pas de réelle réponse et c’est la sensibilité de chacun qui fait la différence. Elle en est le parfait exemple. Ce n’est pas tant l’ouverture du film qui est dérangeant ou déstabilisant, c’est ce qui vient ensuite. Le personnage d’Isabelle Huppert est agressé, violée et laissée en sang dans son salon. Le film démarre à ce moment et pendant deux heures, nous suivons Michèle voguant en eaux troubles, entre déni et pulsions incompréhensibles. Dans cette zone obscure, Elle tire une force incroyable. L’identité du violeur est en suspens, chacune des personnes de son entourage peut être un agresseur potentiel. La provocation est de mise et Verhoeven ne s’en prive pas. Il pousse les personnages au bout de leurs envies. Ce déni flagrant de la part de Michèle trouble le spectateur, ne comprenant pas forcément sa démarche. Le trauma qu’elle à vécu est abominable mais elle semble prendre cela à la légère. Du moins c’est ce qu’elle laisse paraître malgré des craintes bien présentes.

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Cette intrigue perverse et malsaine par quelques aspects me remémore étrangement certains Brian de Palma (Pulsions, Passion), ces thrillers érotiques qui maintiennent une intensité si forte que les personnages eux même en deviennent glaçants. Il n’est pas rare pour moi d’être fasciner par ce genre de mis en scène mais la surprise vient du fait qu’il s’agit d’acteurs français tourné en France. J’ai été plutôt épaté de voir ces séquences s’enchainer, parfois avec une certaine violence, qu’elle soit physique ou non, faisant monter la pression pour un dénouement qui en étonnera plus d’un. Isabelle Huppert brille par son attitude provocatrice et sulfureuse qui vacille tout le long. Sa performance est soutenue par celle des acteurs secondaires, tous excellents, justes et tout aussi ambigus.

Cette sensation inconfortable qui parfois met mal à l’aise, suscitant quelques sourires nerveux,  donne à Elle toute sa nature complexe. De toute manière, le film fascinera et inspirera le mépris mais dans un cas comme dans l’autre, c’est un coup de génie, comme il nous est rarement possible de voir aujourd’hui.

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