– LE ROI ARTHUR –

Adapté à toutes les sauces depuis quelques décennies, la légende d’Excalibur et du Roi Arthur ne cesse de fasciner les cinéastes hollywoodien. C’est à Guy Ritchie que revient la tâche de mettre sur pied une version contemporaine du mythe, qui contrairement à la vision historique d’Antoine Fuqua en 2004 avec son Roi Arthur, se défoule à tous les niveaux.

Pas de Lancelot, pas de Guenièvre ou de Merlin (même si son nom est évoqué), c’est une origin story que nous allons voir. Face à ce film, j’ai eu le sentiment de redécouvrir quelque chose que je croyais connaitre, comme ce fut le cas avec les deux Sherlock Holmes que Ritchie a également mis en scène. Il a pris le classique et l’a remixé à sa sauce en prenant des libertés. Aussi rythmée qu’endiablée, la mise en scène de ce nouvel Arthur est une réussite en matière d’heroic-fantaisy. Il laisse de coté ce que nous avons déjà vu par le passé pour s’inscrire dans une nouvelle mythologie tout en respectant les bases des légendes arthuriennes. Alliant parfaitement la magie et l’aventure nécéssaire à ce genre de récit (et les exigences modernes), Guy Ritchie développe un film rock’n roll et très rapide qui ne laisse aucun répit pour le spectateur.

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Comme je le disais, pas de temps mort devant ce film et cela se ressent jusque dans le montage. Il peu paraitre incohérent pour ceux qui n’ont pas l’habitude, voir anarchique, car il va secouer la temporalité de son intrigue. En plus du film principal, il va se projeter avec des images d’anticipation ou au contraire, effectuer des petites ellipses temporelles pour les réincorporer par des flashbacks furtifs. Entendez par la qu’un personnage va parler de ce qui va se passer ou ce qu’il s’est passé et des images viennent s’incorporer dans ces propos pour les illustrer. Le montage très rapide permet de ne pas perdre le fil de l’intrigue et maintenir notre intérêt et notre concentration intacte pendant deux heures. Ce jeu sur la vitesse va se retrouver aussi pendant les grosses scènes d’actions. Lorsqu’Arthur affronte ses ennemis armé de l’épée magique, Ritchie va aller à l’encontre du montage classique qui veut un déroulement linéaire. Au contraire, c’est comme s’il s’amusait a augmenter la jauge de vitesse pour la ralentir, passant ainsi d’un slow-motion parfaitement maitrisé à une accélération des plans pour revenir un ralentissement. Tout cela donne une énergie conséquente au film, renforçant son identité. Si vous avez vu les deux Sherlock Holmes, le procédé est le même.

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Ceci dit, même si Le Roi Arthur vacille entre les genres avec beaucoup d’humour, de second degré tout en ayant une histoire de fond dramatique, il souffre d’une intrigue trop légère et trop prévisible. Les intentions de Vortigern (Jude Law parfait dans le rôle de puissant adversaire) sont facilement descriptibles, puisque sa soif de pouvoir est la seule chose qui l’anime. Face à lui, Arthur, qui a tout perdu, décide de réclamer vengeance auprès de son oncle pour tous les malheurs qu’il a causé et ainsi monter sur le trône de Camelot. Tout est téléphoné et il aurait été intéressant d’avoir plus de surprise, et ce, même si les acteurs sont tous à la hauteur.

Au bout du compte, Le Roi Arthur: la légende d’Excalibur est un divertissement devant lequel on se laisse facilement prendre au jeu. D’un tour de passe-passe à un autre, Guy Ritchie met le paquet avec des effets spéciaux grandioses et dans son montage presque épileptique. Une réussite malgré un faible scénario qui propose tout de même, un point de vue pouvant lancer une franchise de plusieurs films.

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