L’ART DE DC: L’AUBE DES SUPER-HEROS

En 2014, le musée d’Art Ludique de Paris avait organisé une grande exposition en l’honneur du studio Marvel. Malheureusement pour moi, je n’ai pas pu m’y rendre dans les temps. Aujourd’hui, c’est DC qui se voit offrir une exposition mettant en avant ses célèbres héros. Intitulée L’art de DC : L’aube des Super-héros, cette exposition est une collaboration entre le musée, dont elle est une création originale, DC Entertainment ainsi que la Warner Bros Consumer Products. Le but étant de présenter aux fans l’envers du décor des films … et bien plus encore ! La mythologie des comics y est retranscrite, expliquée, permettant à celui qui n’est pas familier aux différents univers de s’immerger complètement.

J’avais vu une publication sur Facebook concernant cet évènement sans vraiment y prêter attention. C’est une amie qui un jour m’a envoyé un message en me disant « Il faut absolument que tu y ailles, toi qui adore les comics ! ». J’ai donc profiter de mon séjour sur Paris pour m’y rendre. Autant vous dire tout de suite, que la visite ne m’a pas laissé indifférent. Mon cœur de fanboy était en folie. Dès mon entrée dans le musée, l’écoute des différentes bandes originales préparaient mon arrivée dans la première salle. Une première salle qui était consacrée à nul autre que Superman !

 

Vous rentrez et vous tombez sur un grand mur sur lequel le nom de Superman est inscrit accompagner d’un texte narrant les origines du personnage et les raisons de sa création. Ainsi, on apprend que le personnage est né pendant la grande crise au début des années 30, lorsque deux auteurs décident de proposer l’histoire d’un héros venu d’ailleurs, d’un surhomme qui serait capable de montrer la voie vers un avenir meilleur, tolérant et positif. Imaginé par Jerry Siegel et Joe Shuster, Superman fera ses débuts dans The Reign of Superman pour le magazine Science Fiction : The Advance Guard of Future Civilization en 1933. Grâce à cette publication, la popularité du personnage croît. A partir de cet instant, la visite fait coexister l’histoire des comics avec des couvertures originales et des dessins, avec quelques précisions sur les personnages ou les points clés de l’univers tout en exposant les costumes issus des films. Pour Superman, la véritable naissance au cinéma remonte à 1978 avec Christopher Reeves dans le rôle-titre. Véritable succès critique et public, la saga sur l’homme d’acier sera composée de trois films supplémentaires en 1981, 1983 et 1987. Comme vous pouvez le voir sur les photos, le musée propose les vrais costumes portés lors de ces productions. Que l’on soit fan ou non de ces anciennes adaptations, se retrouver face à des costumes de cinéma est assez impressionnant. Vous avez le costume « civil » porté par Clark Kent et le costume officiel de Superman. Chacun d’entre eux s’accompagner d’une petite note précisant l’acteur concerné, le nom du costumier et le film dont il est issu. Plus vous progresser dans le sens de la visite, plus l’univers se dévoile. Par conséquent, suite aux quatre films de Reeves, vient le tour de Bryan Singer et de son Superman Returns en 2006 dont le costume était également exposé. Enfilé par l’acteur Brandon Routh, le costume rouge et bleu tente un petit lifting au niveau des couleurs pour mieux se l’approprier. Malheureusement pour lui, le film n’aura pas le succès escompté et c’est le seul Superman que Singer aura mis en boite. Il faudra attendre l’arrivée de Zack Snyder et son Man of Steel en 2013 pour que le personnage renaisse complètement sous les traits d’Henry Cavill. Plus sombre et plus mature, ce film était un véritable challenge qui a divisé les fans. Pour ceux que cela intéresse, vous pouvez retrouver mes critiques de Man of Steel et Batman V Superman en cliquant sur les titres. En parallèle des costumes tirés des films, l’exposition propose au public d’authentiques story-boards, des ébauches de dessins que les artistes réalisent pour donner au réalisateur une petite idée de la scène. L’étape suivante est le concept-art. Atteignant un degré de réalisme impressionnant, ces  « dessins » sont de véritables œuvres d’art. Chaque cadre est une beauté visuelle. Certaines me donnait même la chair de poule tellement elles étaient bluffantes. Vous retrouverez quelques exemples dans les photos. Les concept-arts sont souvent publiés en amont de la promotion du film pour donner un aperçu au public. Cela est très courant pour les films de super-héros.

 

Lorsqu’on parle de DC Comics, l’un des plus connus au bataillon depuis des décennies est bien sur Batman.  Le passage d’une salle à une autre se fait toujours grâce à un élément. Pour la chauve-souris, c’est une immense statue dans la pénombre. Etrangement, lorsque l’on passe à côté, on se sent tout petit face à l’impact qu’elle peut avoir. Je n’avais pas vu cette représentation par le passé, mais pour vous donner une idée, elle partage des similitudes avec la statue de Batman que l’on peut voir à la fin de The Dark Knight Rises de Christopher Nolan. A l’image de Superman, Batman est un héros extrêmement ancien, puisqu’il a été créé en 1939 par Bob Kane dans la revue Detective Comics. Bruce Wayne doit être le personnage le plus impénétrable des héros DC. Justicier masqué la nuit, le milliardaire se démarque de ses compères par le fait qu’il n’ait aucun superpouvoir, juste animé par une soif de vengeance depuis la mort de ses parents lorsqu’il n’était qu’un enfant. Je ne vais pas vous refaire l’histoire de Batman, vous devez la connaitre depuis le temps. Même si le héros a connu des adaptations au cinéma et à la télévision, ce n’est qu’en 1989 qu’il atteint une notoriété grâce à Tim Burton avec Batman sous l’apparence de Michael Keaton. Un succès qui obtiendra une suite par Burton lui-même, Batman le défi, réalisée en 1991 et deux autres suites décriées par la critique et le public : Batman Forever (avec Val Kilmer) et Batman & Robin (George Clooney endossa le rôle et ne cesse de s’excuser depuis) en 1995 et 1997 respectivement. La catastrophe provoquée par ce dernier volet obligea la Warner a annuler les projets qu’elle avait en cours (un cinquième épisode devait voir le jour). Il faudra attendre 2005 pour que le justicier de Gotham renaisse devant la caméra de Christopher Nolan (avec Christian Bale), brillant cinéaste qui redonna au personnage toute la gloire qu’il mérite et relança même l’âge d’or des adaptations de super-héros. Il réalisera même deux suites, formant une trilogie avec The Dark Knight en 2008, considéré comme l’un des plus grands films de super-héros de tous les temps, et The Dark Knight Rises en 2012. Aujourd’hui bien sûr, le héros est une partie intégrante de DC Extended Universe depuis Batman v Superman sous l’apparence de Ben Affleck. La partie consacrée à Batman pour cette exposition est assez fascinante et sombre. Des costumes à l’univers lui-même, il y a peu de couleurs vives chez Batman. Hormis les deux dernières adaptations des années 90 qui proposaient des antagonistes hauts en couleurs (pas forcément pour le meilleur), l’histoire du Chevalier Noir de Gotham est dans sa généralité très sombre. Contrairement à la partie consacrée à Superman, Batman est beaucoup plus représenté dans l’exposition. Avec toutes les nuances au cours des adaptations, beaucoup de costumes, des reconstitutions et de décors sont exposés. De l’ère Burton avec Le Joker, Catwoman et Le Pingouin, dont les vêtements sont propres aux personnages et à l’univers burtonien, à l’ère de Joel Schumacher pour enfin dériver sur Nolan, le héros dévoile tous ses secrets. Tout comme Superman et les autres personnages qui lui succèderont lors de l’exposition, Batman expose des planches originales de comics, des couvertures, des concept-arts, des story-boards, tant d’éléments de comics et cinématographiques qui sait ravir n’importe quel fan. Nous avons même eu un petit cadeau avec la Bat-moto que chevauche Catwoman dans The Dark Knight Rises ou encore la Batmobile (en modèle réduit).

Ce dont je n’ai pas encore parlé pour ne pas tout dire dès le début, c’est que chaque section bénéficie de vidéos, d’interviews des cinéastes et des personnes derrière tout ce travail artistique. Et pour tout vous dire, c’est absolument fascinant. Les costumiers et les chefs décorateurs qui ont travaillés sur les films expliquent leurs inspirations, comment ils ont essayé d’apprivoiser un univers aussi riche. Chacun d’entre eux s’approprie le personnage et comprendre tout le processus de création est pour nous un moment particulier. L’exposition sert également à ça : nous familiariser avec des métiers sous-évalués du cinéma, peu connus mais qui sont cruciaux pour des productions de ce type. Si vous prenez le temps d’écouter les propos et les idées sous-jacente, cela vous permettra peut-être de prendre du recul sur certains films.

Avant de de passer à un autre personnage emblématique, l’exposition offre une petite parenthèse dédiée à Suicide Squad. Une petite salle composée majoritairement de concept-arts sur les antihéros, dont la forme actuelle n’a fait sa première apparition qu’en 1987 et une statue d’Harley Quinn, véritable attraction du film de David Ayer. A savoir également qu’avec le succès du film l’an dernier, la Warner planche actuellement sur Suicide Squad 2Gotham Sirens et Harley Quinn and the Joker.

 

Enfin, nous arrivons dans un univers aux influences multiples dont la première adaptation est sortie en juin dernier. Vous voyez de qui je parle ? C’est évidemment l’amazone, Diana Prince aka Wonder Woman. Teinté de rouge et de bleu, comme l’illustre Superman, Wonder Woman représente elle aussi les valeurs américaines et ce qu’il y a de mieux en l’Homme. L’héroïne nait en 1941 sous le crayon de Charles Moulton dans la revue All Star Comics #8. C’est la Seconde Guerre Mondiale qui va servir de lancement pour l’Amazone. Cette princesse, fille de Zeus, abandonnant sa paisible existence sur l’île paradisiaque de Themyscira pour porter secours aux Hommes face à la noirceur de la Guerre. Bon je vous l’accorde, l’origine dans le film a été avancée à la Première Guerre Mondiale pour l’adaptation de Patty Jenkins (pour ne pas refaire un Captain America de Marvel) mais l’essence même du personnage est là. J’adore le personnage, ses valeurs et sa conception dans le dernier film. Son entrée fracassante dans l’univers cinématographique de DC a fait d’elle l’un des personnages les plus importants au cinéma, ce qui n’était pas gagné étant donné l’ancienneté de la jeune femme. Le dépoussiérage opère à merveille et les planches de concept-arts pour le film sont vraiment somptueux. J’aurais pu acheter chaque cadre tellement l’artiste a accompli un travail incroyable, jugez par vous-même. De quoi faire passer les moqueries à la moulinette parce que Wonder Woman est dans l’arène et ne compte pas partir de sitôt. Vous pourrez la retrouver dans Wonder Woman 2 en décembre 2019 et la Justice League le 15 novembre prochain.

 

Justement, en parlant de la Justice League, l’exposition accorde une petite place pour cet évènement majeur à venir en retraçant rapidement les origines de la fameuse Ligue des Justiciers. Elle fût la toute première équipe de l’histoire des comics publiée durant l’hiver 1940. Unissant des héros aux valeurs communes, de justice et de liberté, face à des ennemis bien trop puissant, cette ligue est devenue une référence, même aujourd’hui. De Flash à Green Lantern, en passant par Hawkman ou Atom, la première équipe est celle qui ouvrira la voie à un univers plus vaste. Cette partie de l’exposition sert de teaser aux futurs films DC et c’est cette partie qui m’a frustré. Le film n’est pas sorti donc peu d’éléments ont étés exposés, juste un concept-art de l’équipe. J’aurais espéré voir des éléments exclusifs sur la Justice League ou même Aquaman qui se tourne actuellement sous la caméra de James Wan. Mais comme le nom de l’évènement le précise, il s’agit de L’aube des super-héros.

 

 

Pendant près de trois heures, je me suis aventuré dans un univers qui m’est familier grâce au cinéma mais qui s’est révélé être plus riche que je ne le pensais. Redécouvrir des lieux, des histoires, des artefacts et des personnages. Et que dire de plus face aux magnifiques dessins du grand Jim Lee ? L’immersion était totale puisque chaque salle était accompagnée des thèmes musicaux correspondants à chaque film. John Williams, Danny Elfman, Hans Zimmer ou encore Junkie XL, l’exposition DC est une expérience riche en émotions façonnée pour que le spectateur s’enrichisse de chaque élément. Je vous ais sélectionné une série de photos mais il m’est impossible de vous retranscrire toute l’exposition. Pour ceux qui souhaitent s’y rendre, elle s’achève le 10 septembre prochain.

 

L’Art de DC – L’Aube des Super-Héros
Du 31 mars au 10 septembre 2017
Musée des Arts Ludiques
34 Quai d’Austerlitz 75013 Paris
Tarif plein: 16,50 € (13€50 en réduit)

Toutes les infos sont à retrouver ici

 

En petit cadeau, voici quelques photos supplémentaires de l’exposition !

 

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